Paroisse

Ste Odile

des

Hausbergen

A propos de la visite dans notre paroisse d’Evelyne Frank visiteuse de prison

Depuis quelques mois, la paroisse organise des conférences dans le cadre des « vendredis ensemble » ;

Sont invités des intervenants pour nous livrer un témoignage personnel sur une mission ou un sujet d’intérêt général. C’est dans ce cadre qu’Evelyne Frank est venue fin janvier à la chapelle de Nieder pour partager son expérience de visiteuse de prison.

Qu’est ce qui a bien pu pousser E. Frank à devenir visiteuse de prison ? Enseignante, sa tache l’a invitée à aller vers l’autre, à faire prendre conscience à cet autre et par lui-même qui il est, plutôt que de lui imposer une relation de domination ou de supériorité. Enseigner, c’est être une relation en face d’une personne qui est unique dans sa personnalité ce qui suppose tact et sens de l’adresse.

Evelyne coche toutes ces cases. D’abord, puisque être enseignant est une vocation, elle a ressenti cet appel à rencontrer l’autre mais sans l’avoir choisi au préalable, finalisé par une réponse toute personnelle et indicible : « me voici ».

En prison, « me voici »  lorsqu’Evelyne est ce moment d’évasion apporté à un détenu dont le seul champ de vision habituel est le périmètre de sa cellule et dont les barreaux disparaissent alors derrière les mots et les échanges partagés.

En prison, « me voici » pour offrir l’occasion au détenu d’avoir en face de lui une interlocutrice avec qui échanger et même de s’enquérir de sa santé ou de ses centres d’intérêt, permettant ainsi à ce détenu de s’affranchir de son côté égocentrique cultivé à force d’isolement.

« Me voici » encore lorsqu’Evelyne permet à un détenu de prendre conscience qu’il est encore une personne à part entière à visage humain, digne d’être respectée et fréquentée, même si les actes commis sont d’une gravité extrême.

Notre époque est marquée par des temps sombres dont la perception peut fausser nos analyses. Pourtant, il est des lumières autour de nous, masquées trop souvent par le bling-bling ambiant. Sachons ouvrir les yeux et osons nous-même être des sources de lumière qui, à la manière d’Evelyne, éclairent les autres de leur présence et soutien.

Bernard Sipp

 

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